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#LEDLL, Rendez-vous

Interview intimiste

maryblucas

C’est assise à mon bureau, dans ma bibliothèque, que je déguste ma 5ème tasse de thé sur le best of des Cranberries ; entourée de montagnes de livres, de manuscrits, de feuilles volantes et de factures en attente ; tout en répondant aux questions de :
Angéline Be.

Cette autrice de talent, spécialisée dans la New Romance, tient également une page facebook dédiée au « lien d’auteurs-lecteurs de romance en tous genres ».
C’est donc Angéline l’investigatrice/lectrice qui me fait l’honneur de me questionner chez moi, sur ma vie d’autrice et mes romans, mais cette fois-ci, d’une façon plus intime.

Intrigué.e.s ?
(accordez-vous 10min de pause avec une bonne infusion de votre plante préférée. Pour ma part, c’est thé noir et bouton de rose) :

 

 

A. Bonjour, pour commencer présente toi :
M. Bonjour, je m’appelle Mary, j’ai 30 ans, je mesure 1m73, je suis brune et pulpeuse (rires). J
e suppose que c’est pas la présentation que tu veux. Je suis autrice féministe, normande, tantôt rêveuse, tantôt caustique. Cette présentation me résume très bien, ainsi que mes écrits.

A. Très bien, demain journée de la femme.. un message…
M. Mais oui : NE LÂCHONS RIEN ! En tant qu’êtres humains, nous en avons la preuve chaque jour, nos droits sont sans cesse remis en cause, révisés, abaissés, négociés… En tant que femmes, il faut déjà faire ouvrir les yeux sur des « évidences » déconcertantes, afin de pouvoir être considérées uniquement comme humains, avant d’être genrées. Rien n’est acquis, rien ne devrait être subis. Assumons nos choix, nos envies : osons vivre ! Et si je peux pousser… disons plutôt « la journée des droits de la femme »… ça évitera les bouquets de roses et les grille-pain en cadeaux (rire sarcastique).

A. Ah bon y en a qui ont ça… en tout cas c’est pas mon cas. Et toi ?
M.
Non, sinon, il y en a un qui passera un super quart d’heure à regretter ce geste de clémence (rires). Mais oui, y a qu’à voir les belles promos « spéciales journée de la femme », où ils refourguent leurs trop plein de stocks « St Valentin » et « Fête des grand-mères » : 1 lisseur acheté = 1 aspirateur offert !

A. Est-ce qu’une « action, cause » te touche plus que les autres ?
M. Y en a beaucoup trop… je suis hypersensible. Tant qu’il y a inégalité, je suis touchée, je suis meurtrie. La misère, la famine, la déforestation, le féminisme (bref, beaucoup de causes)… Je ne peux plus regarder les informations sans pleurer ou faire une crise d’angoisse… Je me sens impuissante, c’est épuisant. Alors je sème des graines d’idées partout où je vais, dans l’espoir qu’un jour elles auront germées dans l’esprit de personnes qui, elles, pourront un jour changer le monde à leurs façons.

A. Retournons à notre thème principal les livres. Tes livres. Tout d’abord depuis combien de temps écris-tu ?
M. O
uch… Attend un peu que je réfléchisse ! Je dessinais énormément petite. Je voulais devenir « artiste », mais on m’a soufflé que ce n’était pas un métier. Alors j’ai dit que je voulais devenir dessinatrice (visiblement je ne dessinais pas assez bien). Alors j’ai commencé à écrire mes histoires pour légender mes illustrations. Puis en grandissant je « prosais ». J’ai noircie des tas de feuilles, toutes rangées dans mes classeurs Harry Potter. J’ai monté mon premier groupe de rock, où j’écrivais les paroles de chansons que nous n’avons jamais composées, trop occupés à reprendre les classiques. Et de fils en aiguilles, j’ai commencé à rédiger des nouvelles « coups de gueules politiques ». Mais écrire dans le but de partager, j’ai dû vraiment commencer vers 18 ans, à la fac, après une jolie dépression où je me suis aperçu que rien ne me faisait envie… sauf écrire. C’est devenu mon exutoire.

A. Quel chemin ! Et niveau lecture, grande lectrice ?
M. Je ne me trouve pas suffisamment assidue pour me catégoriser de grande lectrice, j’ai souvent des passages à vide (heureusement j’ai l’excuse de l’écriture). Mais tous mes beaux-frères et amis qui m’ont aidé à déménager (3 fois en tout) m’ont dit qu’il fallait que j’arrête de lire, car ils n’en peuvent plus de tous ces cartons. Mon Mari est menuisier. Il m’a construit la bibliothèque de mes rêves (celle de la Belle & la Bête). Elle fait trois murs et est remplie. Pourtant j’ai revendu pas mal de volumes. Donc oui, pour eux je suis une grande lectrice. Mais j’ai une PAL* de 90cm… Faut que je m’y remette, j’ai pris du retard, et c’est bientôt la rentrée littéraire !
*Pile A Lire

A. Quel genre lis-tu ?
M.
J’adore la littérature Jeune Adulte et jeunesse (surtout ceux aux aspects fantastique/fantasy), mais j’ai beaucoup de polars et de grand classiques aussi. Ce sont les essais et encyclopédies psycho, herbologie,et parapsy que je possède en plus grande quantité.

A. OK, donc tu es éclectique dans tes lectures. As-tu deux livres que tu conseillerais ?
M. Pour rester dans l’éclectique… (sans tomber dans les évidences types Harry Potter ou Orgueil&préjugés) :
1) Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi _ Mathias Malzieu.
C’est le genre de lecture qui vous rend léger, malgré une thématique sombre. On évolue avec le personnage : d’abord on espère, puis on souffre, on s’envole et enfin on continue de vivre, avec les bons souvenirs.
2) La métaphysique des tubes _ Amélie Nothomb.
Ou comment rendre poétique la philosophie. J’aime beaucoup le style d’Amélie, avec toutes ces descriptions qui paraissent légères, mais qui amènent à réfléchir.

A. Et niveau romance, un livre ?
M. Romance ou New Romance ? Allez, je suis sympa : je donne les deux !
Romance : Les Hauts de Hurlevent _ Emily Brontë.
Un classique, complexe, efficace, mais juste ahurissant quand on sait que son autrice n’avait quasiment pas vu le monde au moment de l’écrire. Ce qui dévoile son intelligence !
New Romance : J’ai eu un gros coup de cœur pour Héloïse, ouille ! _ Jean Teulé.
J’avais expérimenté le style avec les cinquante nuances de Grey… mais je l’ai trouvé trop soft et nuancé… Un brin Twilight pour adulte (Je préfère largement Twilight pour le coup). Alors j’ai voulu tenter autre chose. Le problème est que j’ai tellement aimé, qu’il m’a été impossible de trouver le même genre après, donc j’ai arrêté de lire la New Romance.

A. Maintenant passons à tes écrits, parles nous en ! Combien en as-tu écrit ? Et combien de publié ?
M. J’ai écrit/fini deux romans (le diptyque Les Enfants de la Lune : La naissance d’Aliénor et le Son du Silence) qui sont auto-publiés. J’ai également deux manuels de commencés, dans le genre pratique/humour/engagé, qui avancent doucement (mais sûrement). En ce moment je suis sur l’écriture du prochain roman qui, je l’espère, sera disponible pour que mes lecteurs partent avec en vacances cet été.

A. OK, super ! Alors parle-nous de ceux qui sont sortis ? De quoi ça parle ?
M.
C’est une seule histoire en deux tomes, qui peuvent se lire indépendamment ou en suite. Travaillés comme un diptyque en peinture, avec deux scènes dont l’une lance des rappels à l’autre et vice versa. A l’écriture je ciblai un lectorat jeune adulte à partir de 14 ans… Mais il s’avère que le vocabulaire employé et certains clins d’œil étaient trop subtils pour cet âge, donc je l’ai rehaussé à partir de 16 ans. D’un autre côté, la majorité de mes lecteurs ont entre 22 et 50 ans ! lol J’ai tout de même eu des retours d’ados de 13, 16 et 17 ans qui ont tanné leurs parents pour avoir la suite. Mais les histoires d’amour, de malédiction, ça n’a pas d’âge ni de sexe. Et avec des thématiques telles que la symbologie, la musicologie et la psycho-généalogie, on touche aussi les lecteurs les plus accomplis. (une pause). Je crois que je n’ai pas vraiment répondu à la question, là… C’est donc l’histoire d’une jeune femme de 20 ans, qui se cherche encore, mais qui ne trouve pas la stabilité dont elle rêve, car elle découvre qu’elle est à l’aube d’un changement majeur dans sa vie… Aliénor, est une sorcière de mère en fille. Elle ne peux rien y changer et ceci risque de la tuer, car sa sœur en est devenu dangereuse, par avidité de pouvoir. Dans le tome 2 (Le Son du Silence), Aliénor apprend à vivre avec le secret familial, mais perd peu à peu son entourage et se retrouve seule face à la dépression. Elle décide donc de partir à la recherche de ses origines pour rompre la malédiction. Malédiction qui s’avère remonter à ses origines scandinavo-irlandaises.

A. Bien, parle-nous de tes personnages principaux ! Comment sont-ils physiquement, psychiquement ? De leurs pouvoirs sans trop en dire ?
M.
Aliénor et Gui, deux anti-héros types, que tout le monde pourrait avoir dans son entourage. Une petite rousse mal dans sa peau, habillée comme une fan de Nirvana ou The Hole, mal coiffée, angoissée chronique, caractérielle et toujours le nez dans ses bouquins. Elle a le don de contrôler le temps, rien qu’en se laissant dominer par ses émotions. Gui, immense, musclé avec un peu de ventre et beaucoup de tatouages et de piercings, offre un contraste entre son allure de viking et sa voix d’ange. Il est artiste de rue, fils de chirurgien, un brin rebelle mais 100% charmeur, cherche à se racheter pour ses erreurs du passé. C’est un homme qui pourrait faire peur aux premiers abords, mais qui, grâce à son empathie, arrive à régler les problèmes des autres en faisant une croix sur les siens. Et puis, il y a les autres : Ambrosia (la maman) et Angéline (la sœur) qui ont les mêmes problèmes de communication que nos mères/sœurs, mais accentués par la magie. Ondine (la mamie) qui dirige tout le monde par sa gentillesse gâteaux et ses principes bornés. Et la belle-famille qui t’aime tout de suite et qui, au final, s’avère surprenante et trop entreprenante.

A. Maintenant côté romance, t’as écrit ça comment ? Comment voyais-tu l’amour entre eux ?
M. Chose qui peut sembler étonnante, quand j’ai commencé le roman, je n’imaginais pas forcément une romance. J’ai laissé Aliénor rencontrer certains personnages, et c’est son caractère qui a créé les liens avec les autres. Je ne pensais pas du tout faire naître un lien aussi fort entre eux deux. Je voulais simplement en faire des alliés puissants et complémentaires. J’écris toujours sans connaître la fin de l’histoire, ça m’évite d’être déçue. Et comme ça, je vis également le récit du point de vue du lecteur. Certains points essentiels sont prévus (sinon l’histoire n’a ni queue ni tête), mais le reste évolue, et j’adore cette façon d’écrire. A un moment donné, j’ai pensé faire plus explicite dans leur relation charnelle… mais je me suis arrêtée net. J’écris tout de même pour les ados, je préfère faire fonctionner leurs imaginations (c’est plus excitant…) !

A. Puisque tu es tout public, tu es restée très légère dans la thématique amoureuse. Serais-tu plus explicite dans ton prochain ? Penses-tu en être capable ?
M.
Dans le prochain roman je serai plus explicite, oui. Tout simplement parce que mes personnages sont plus âgés, que ça se passe (en partie) à une autre époque et que j’aborde plus en détails le point de vue féministe. Je ne tomberai pas dans le trash, ni forcément dans le visuel, mais il sera question de descriptions plutôt évidentes, de par les ressentis, en restant subtile. Je fais une romance plus adulte, mais pas une New Romance. J‘avoue avoir envie d’écrire de façon plus explicite, mais on verra plus tard (rire mystérieux). Tiens, oui, pourquoi pas écrire le prochain roman New Romance que j’aurais eu envie de lire après Héloïse, Ouille !

A.  Chouette ! Donc pour finir, tes livres on peut se les procurer où ?
M.
Pour ceux de la région havraise, à la librairie indépendante Cap Culture (à l’intérieur de l’enseigne Plein Ciel, Docks Vauban). Pour la région normande, il faut surveiller ma page, je publie fréquemment mes dates de rencontres dans la région. Sinon, pour tous les autres (ou ceux qui ne peuvent pas se déplacer), il y a mon site officiel.
(Et pour ceux qui habitent Rouen, Orléans, Beaugency, Meung-sur-Loire, Ribeauvillé, ou les régions 76,45 et 68-67, faut pas hésiter à aller chez les libraires leur parler de mes romans, car vous êtes à l’honneur dans mes écrits ! Je suis facilement joignable et j’aime avoir des excuses pour voyager).

A. Merci. Et le mot de la fin pour ton lectorat et les futurs ?
M. Mangez, bougez, lisez, osez, aimez, vivez ! Carpe Diem.

 

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