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Samhaìn

Mabon est passé et Yule arrive à grand pas ! Alors que la nouvelle année celtique vient de commencer je partage avec vous ce petit texte. Disons pour nous faire plaisir, ou encore pour fêter la sortie du Son du Silence dans trois jours !! En attendant, passez un bon week-end…

Alors que certains n’aiment ni le froid, ni même l’hiver, cela m’inspire ! Après l’automne, il s’avère que c’est ma saison préférée. Vous avez du mal à le comprendre ? Vous voudriez savoir ce qu’il se passe dans ma tête ?
Très bien… Alors, suivez-moi !

C’est un matin hivernal, parmi tant d’autres. Seulement, celui-ci a quelque chose de différent. J’éponge le lait qui vient de passer par dessus la casserole. Ma nuit incomplète me rend quelque peu étourdie, rêveuse. Je verse ma préparation miellée dans une grosse tasse que j’empoigne ensuite à deux mains. La chaleur qui en émane traverse l’épaisseur des manches de mon pull torsadé. Je ferme les yeux, apprécie ce moment. Le temps en suspend m’offre une sensation d’apesanteur, d’accomplissement. L’odeur de lait chaud, de cannelle et de miel se mélange à la subtile fraîcheur d’herbe fraîche, qui provient du bouquet de gypsophile, posé au centre de la table ronde et blanche. Mes épaules se relâchent. Je me détends, aidée par l’envoûtante voix de Joni Mitchell.
Une lueur incandescente s’immisce à travers mes paupières closes. C’est le cœur léger que j’ouvre les yeux et me dirige dans le jardin. La porte est déjà grande ouverte. La maison aère (tout comme mon esprit). L’étoile céleste s’éveille à peine. Les arbres, à l’instar de nous autres êtres vivants, se sont déshabillés pour la saison. L’herbe revêt des reflets bleutés et le tapis de brume nous annonce une belle journée. Les sinus me tirent. Ils veulent me faire rentrer, m’emprisonner. Mais rien ne m’empêchera de contempler le jardin autrement que derrière une fenêtre, tâchée de gouttes de pluie séchées.
Sans leurs ramages, les bouleaux semblent morts. Mais c’est sans compter sur la lueur du petit matin qui fait briller les branches dénudées, encore couvertes de l’averse nocturne. Le chat aussi ressent ce changement. L’hiver est bien là, bien qu’il reste des séquelles automnales. Les feuilles éparses au sol sont lourdes et les tourterelles turcs prennent leur envol. Le pelage de mon compagnon est déjà bien dru, cependant, il reste roulé en boule, sous le sapin, à deux pas de la lumière. À présent, je vais bien. Comme si la dépression était déjà loin !
Quelques fois j’ai des vagues de bien-être. Je me dis que tout est possible. Je sens que ma vie est belle, que beaucoup pourraient me l’envier. Comme si cette maladie chronique n’était qu’une histoire ancienne.
Oh, que j’aimerais que cette vague n’en soit plus une ! Je voudrais que mon âme ne se reflète plus dans un Océan instable. Non. Je voudrais que mon éponge émotionnelle aspire à une étendue plus stable… Je voudrais vivre une Méditerranée. J’ai quitté la ville, le bord de mer et l’agitation, pour m’enfoncer dans les terres. Vivre à la campagne. Ici, le calme environnant m’aide à voir les choses autrement. Ici, avec une chanson nostalgique, une courge musquée, un lait chaud et le vent qui souffle dans les cimes nus, je me sens mieux. Je me sens… différente. Je peux être QUI je veux. Je suis peut-être poète, ou bien sorcière. Mais je suis enfin LIBRE.

 

 

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